Retail
Un rendement stable, sans montée en flèche : les indicateurs de rendement du commerce de détail au Canada au cours de l’hiver 2026
Par : Santo Ligotti
Vice-président, Marketing et services aux membres
27 mars 2026
Calcul du temps...
Le Conseil canadien du commerce de détail et les services de données de Moneris ont uni leurs forces pour fournir des données sur les dépenses de crédit et de débit en temps opportun, ainsi que des renseignements sur les consommatrices et consommateurs afin de permettre aux commerces de détail de mieux comprendre les habitudes de consommation au Canada, que ce soit à l’échelle nationale ou provinciale.
Le Conseil canadien du commerce de détail s’appuie sur un sondage trimestriel mené auprès des membres de la direction de moyennes et grandes entreprises de commerce de détail partout au pays pour fournir une idée des tendances actuelles du secteur. Ce sondage n’est pas statistiquement représentatif et exclut les secteurs du gaz, de l’automobile et de l’alimentation.
Voici un extrait du rapport couvrant la période de décembre 2025 à février 2026.
Constats principaux :
Ventes et marges des commerces de détail
- Environ un tiers des commerces de détail ont fait état d’une baisse de leurs ventes au cours de cette période, tandis que 45 % ont enregistré une hausse par rapport à l’année dernière. Pour la plupart, le rendement a été stable ou en légère hausse, soit constant, mais très peu dynamique.
- L’essor de la période des fêtes :
- Le Vendredi fou a été la journée la plus lucrative de l’année et les 22 et 23 décembre ont respectivement atteint 94 % et 95 % des résultats de vente du Vendredi fou. Cela confirme la vigueur persistante des commerces physiques et le rôle crucial de la livraison le jour même pour les achats de dernière minute.
- Aucune hausse importante des ventes n’a été observée le lendemain de Noël dans le calendrier promotionnel, ce qui est conforme à un contexte de baisse des prix qui génère des rendements stables, et non des hausses.
- L’amélioration des marges :
- Près de 60 % des commerces de détail ont amélioré leurs marges par rapport à l’année dernière grâce à des promotions plus ciblées, une meilleure gestion des stocks et une gestion plus efficace de la chaîne d’approvisionnement. Si certains ont constaté une pression à la baisse sur les marges, la plupart s’efforcent de préserver la rentabilité et d’accroître le chiffre d’affaires en valeur absolue, plutôt que le taux de marge. Les mesures de réduction des coûts ont, à elles seules, largement fait leur temps.
- Le contenu des paniers est plus révélateur : des articles moins chers, un recours accru aux offres et aux marques privées, soit un comportement typique de la recherche de valeur.
- Le rôle de la livraison express à domicile :
- Même si les services de livraison express comme Instacart ou DoorDash peuvent sembler à l’encontre des attentes des consommatrices et consommateurs qui privilégient les achats axés sur la valeur, ils sont passés d’un service de proximité spécialisé à un service incontournable. Plus de la moitié des Canadiennes et Canadiens ont déjà utilisé ces services, et environ 90 % y ont accès; leur utilisation fréquente est désormais courante.
- Pourquoi ce succès parmi les consommatrices et consommateurs qui privilégient les achats axés sur la valeur? Les commerces de détail de tous types se sont associés à ces plateformes pour proposer des services de livraison le jour même ou le lendemain en fonction des stocks de leurs magasins. Les consommatrices et consommateurs ont également pris l’habitude d’utiliser ces services grâce à la livraison de repas. Pour beaucoup, il s’agit d’une question d’économie : des coûts de transport plus bas et moins d’achats impulsifs en se limitant à une liste d’articles nécessaires.
- Le mouvement en faveur de l’achat de produits canadiens est-il toujours d’actualité?
- En bref, la réponse est oui : les Canadiennes et Canadiens continuent de tenir compte du pays d’origine dans certaines de leurs décisions d’achats. L’importante baisse de 25 % des voyages vers les États-Unis ainsi que l’augmentation des voyages vers l’Europe, l’Asie et d’autres régions des Amériques, confirme cette tendance.
- La valeur et l’accessibilité financière demeurent des priorités. Lorsque le prix et la qualité sont comparables, les produits canadiens ont une longueur d’avance. Il s’agit d’un avantage favorable discret, mais important pour les commerces de détail nationaux.

Comportement de consommation et tendances des dépenses
- La valeur façonne l’expérience en magasin : parmi les commerces de détail qui suivent l’achalandage en magasin, plusieurs ont indiqué une stagnation, voire une baisse des résultats pour cette période. Cela n’a rien de surprenant compte tenu des conditions météorologiques difficiles qui ont sévi dans une grande partie du pays, même si cela ne constitue pas un motif de préoccupation important en ce qui a trait aux tendances. Pour les consommatrices et consommateurs, les commerces physiques demeurent une étape importante du parcours d’achat.

- L’intérêt est montré en ligne, mais les achats sont effectués hors ligne : en ligne, de nombreux commerces de détail constatent une augmentation des retombées, mesurée par le taux de conversion des visites en achats. Il s’agit donc de tirer profit de l’achalandage accru vers leurs sites et, grâce à une approche commerciale unifiée, d’optimiser l’attribution dans l’ensemble des canaux et d’accroître la personnalisation, afin d’augmenter la valeur moyenne des paniers et de générer une contribution numérique importante dans l’entreprise.


- La consolidation des magasins transforme les habitudes d’achat : avec la fermeture ou la réduction des activités de Nordstrom, Compagnie de la Baie d’Hudson, Peavey Mart et d’autres enseignes, les consommatrices et consommateurs se tournent vers un nombre plus restreint de commerces de détail, en particulier dans le secteur de la mode milieu de gamme, autrefois dominé par les grands magasins.
Faits saillants régionaux
- Ontario : Les commerces de détail de l’Ontario continuent d’afficher des résultats inférieurs à ceux de la plupart des commerces de détail au pays.
- Les décisions politiques concernant l’importation de véhicules électriques chinois à bas prix et la fermeture d’usines, n’ont guère contribué à renforcer la confiance de la main-d’oeuvre des secteurs de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium, ni à encourager les dépenses importantes.
- Le passage de violentes tempêtes hivernales à la fin janvier et au début de février a ralenti la fréquentation des centres commerciaux et les ventes en magasin. Toutefois, une forte demande a été observée pour les articles saisonniers et les vêtements.
- Québec : La plupart des commerces de détail continuent d’observer une baisse de leurs ventes.
- Colombie-Britannique : La Colombie-Britannique affiche une croissance stable, mais n’est plus le moteur de croissance qu’elle était au début de la décennie, une grande partie des dépenses de consommation étant désormais consacrée au logement.
- Prairies et Alberta : Ces régions demeurent un pilier solide pour la plupart des commerces de détail.
- Les perspectives demeurent positives en raison des progrès réalisés par le gouvernement fédéral en matière d’infrastructures énergétiques et portuaires en Alberta et de l’intérêt manifesté par le secteur privé pour des investissements dans le port de Churchill, au Manitoba.
- Dans les trois provinces, plusieurs commerces de détail indiquent une plus grande augmentation de leurs ventes dans les agglomérations urbaines que dans les zones plus rurales.
- Provinces de l’Atlantique : Ces provinces continuent de contribuer grandement aux commerces de détail de tous types.
- La stratégie industrielle de défense du gouvernement Carney pourrait offrir des perspectives prometteuses dans le secteur canadien de la construction navale (par exemple), des retombées dont pourraient bénéficier les provinces de l’Atlantique.
Quelles sont les priorités des commerces de détail pour 2026?
Voici les trois priorités essentielles à retenir pour définir la stratégie des commerces de détail pour 2026 :
- Le personnel : Même si l’on entend souvent que l’IA va remplacer les humains, les commerces de détail doivent accorder à priorité à leur personnel afin de le rendre plus agile et plus productif, tant en première ligne que dans les bureaux.
- L’ouverture et la rénovation de magasins : Comme plusieurs grandes marques ont quitté le marché canadien (La Baie d’Hudson, Toys “R” Us, Eddie Bauer), il s’agit d’une occasion unique d’investir dans les magasins ou de les agrandir. Toutefois, cela ne s’applique pas à tous les commerces de détail, car les coûts de construction et les délais ne sont pas nécessairement favorables.
- La croissance du chiffre d’affaires : Alors que les marges demeurent stables et difficiles à augmenter, les commerces de détail doivent augmenter leur chiffre d’affaires pour accroître leur rentabilité.
Perspective des commerces de détail : garder la tête froide dans un contexte d’instabilité
- Les commerces de détail estiment avoir mis en place des structures agiles, rigoureuses et capables de réagir aux difficultés.
- Le plus préoccupant pour les commerces de détail est la recrudescence de la cybercriminalité alimentée par l’IA qui peut toucher leurs systèmes et, bien entendu, l’évolution de l’économie.
- La productivité demeure un enjeu chronique et non résolu; une tension sous-jacente à l’apparence relativement calme actuelle.
À propos du Conseil canadien du commerce de détail
Le commerce de détail est le plus important employeur du secteur privé au Canada, avec plus de 2 millions de personnes travaillant dans notre secteur. Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) est une association à but non lucratif financée par l’industrie qui représente les petites, moyennes et grandes entreprises de commerce de détail dans toutes les collectivités du pays. En tant que voix du secteur du détail au Canada, le CCCD représente fièrement plus de 45 000 boutiques oeuvrant dans tous les formats de vente au détail : les grands magasins, les épiceries, les magasins spécialisés, les magasins à rabais, les commerces de détail indépendants et les commerces en ligne.
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CONSEIL CANADIEN DU COMMERCE DE DÉTAIL