L’indice des dépenses de consommation montre une légère hausse au premier trimestre de 2026, alors que le marché du travail enregistre des pertes.
Consumer Spending Insights

L’indice des dépenses de consommation montre une légère hausse au premier trimestre de 2026, alors que le marché du travail enregistre des pertes.

14 mai 2026 clock Calcul du temps...

En partenariat avec Signal49 Recherche, nous avons le plaisir de vous faire part de nouvelles observations sur l’indice des dépenses de consommation (IDC), alimenté par les services de données de Moneris. Nos données transactionnelles de point de vente à l’avant-garde de l’industrie et l’expertise économique de Signal49 Recherche nous permettent d’offrir une vue d’ensemble de l’évolution des tendances en matière de dépenses de consommation au Canada.

Les licenciements et les perturbations énergétiques mondiales assombrissent la reprise de la consommation au Canada.
  • L’indice des dépenses de consommation (IDC) de Signal49 Recherche s’est établi en moyenne à 105,0 points au premier trimestre de 2026 (avril 2022 = 100), une augmentation nominale de 3,3 points par rapport à l’année dernière comparativement à la moyenne de 101,7 points au premier trimestre de 2025. Comme l’IDC suit les dépenses nominales, ce chiffre global tient compte de l’effet des hausses de prix.
  • Après correction en fonction de l’indice des prix à la consommation (IPC) qui, selon Statistique Canada, s’est établi en moyenne, au cours du premier trimestre, à environ 2,2 % par rapport à l’année dernière, les dépenses réelles de consommation ont augmenté d’environ 1,0 %. Sur une base trimestrielle, l’IDC nominal a reculé par rapport à la moyenne de 116,9 points du quatrième trimestre de 2025, soit une baisse de 11,9 points, ce qui correspond à la tendance saisonnière observée dans les données non corrigées.

Observations de janvier :

  • En janvier, l’IDC est retombé à 102,3 points, soit une baisse de 12,5 points par rapport à décembre 2025. Une importante tempête hivernale, qui s’est abattue du 23 au 27 janvier, a perturbé la consommation dans certaines régions du pays, faisant reculer la croissance des ventes au détail de janvier à 1,1 %, selon les données de Statistique Canada. Contrairement à janvier 2025, la TPS/TVH s’appliquait à plusieurs biens et services qui en étaient exonérés pendant le congé fiscal de l’année précédente, ce qui a entraîné une légère hausse des dépenses par rapport à l’année dernière. La croissance de l’IPC de 0,7 % est toutefois restée en deçà de l’inflation de 2,3 % rapportée par Statistique Canada pour le mois, ce qui laisse supposer que les dépenses réelles de consommation ont diminué par rapport à l’année dernière. Les pertes d’emplois ont également eu des répercussions sur les dépenses de consommation. En janvier, l’Enquête sur la population active a fait état d’une perte de 25 000 emplois à l’échelle nationale.

Observations de février :

  • En février, l’IDC a légèrement progressé pour atteindre 102,6 points, soit une hausse mensuelle de 0,3 point, mais une augmentation de 4,0 points par rapport à l’année dernière, dépassant l’inflation mesurée par l’IPC de 1,8 % enregistrée en février. Statistique Canada a souligné que l’IPC de février 2026 avait été tiré vers le bas par un effet de base lié à la fin du congé de TPS/TVH, survenue à la mi-février 2025. Ce résultat réel favorable reflète donc en partie cet effet plutôt qu’une réelle amélioration. Sous les données nationales, les données sur le marché du travail se sont fortement détériorées. L’Enquête sur la population active de février a fait état d’une perte de 84 000 emplois.

Observations de mars :

  • En mars, l’IDC a bondi à 110,2 points, soit une hausse mensuelle de 7,6 points et de 5,4 points par rapport à l’année dernière. À la suite des frappes menées contre lui par les États-Unis et Israël à la fin de février, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz au trafic commercial, perturbant ainsi plus de 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole par voie maritime. Le 8 mars, le prix du Brent a dépassé les 100 dollars le baril et a grimpé jusqu’à 119 dollars le baril au cours du mois. Les prix de l’essence ont fortement augmenté partout au Canada, et les consommateurs ont dû débourser davantage à la pompe, ce qui a exercé une pression à la hausse sur l’IDC. Statistique Canada a indiqué qu’en mars, l’IPC avait connu une hausse de 2,4 % par rapport à l’année dernière en raison de la flambée des prix de l’essence, ces derniers ayant bondi de 21,2 % en un mois.
  • Si l’on corrige l’IDC nominal en fonction de l’IPC de mars, on obtient une hausse réelle d’environ 2,8 % par rapport à l’année dernière, concentrée dans les régions de l’Atlantique. Selon notre indice de confiance des consommateurs, la région a enregistré une hausse notable de la confiance, alors même que l’indice national était en baisse. Renforçant cet élan positif, la région a reçu des nouvelles commerciales encourageantes en mars, puisque le 1er mars, la Chine a levé ses mesures de rétorsion tarifaire de 25% sur le homard et le crabe canadiens. En Nouvelle-Écosse, l’IDC a progressé de 11,0 points pour atteindre 121,7, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, il a gagné 10,2 points pour s’établir à 119,0 et qu’à Terre-Neuve-et-Labrador, il a augmenté de 10,1 points pour atteindre 107,4.

La politique monétaire est demeurée stable pendant tout le trimestre.

  • La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de ses réunions du 28 janvier et du 18 mars, invoquant les risques accrus liés aux menaces américaines de tarifs douaniers et à la renégociation en cours de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique. Le taux directeur se situe à 50 points de base en dessous de son niveau à la fin du premier trimestre de 2025, mais la pause d’un trimestre observée en 2026 contraste avec le cycle d’assouplissement qui était en cours il y a un an. Lors de son communiqué de mars, la Banque a souligné que la hausse des prix mondiaux de l’énergie avait déjà eu des répercussions sur le coût de l’essence et qu’elle devrait faire grimper l’inflation mesurée par l’IPC dans les mois à venir si le conflit en Iran venait à persister.
 
Constats principaux

Une fois l’inflation prise en compte, la hausse des dépenses de consommation par rapport à l’année dernière est bien plus modeste que ne le laisse supposer le chiffre nominal.

  • L’IDC nominal s’est établi en moyenne à 3,3 points, soit 3,2 %, de plus qu’au premier trimestre de 2025, mais l’IPC de Statistique Canada a augmenté en moyenne d’environ 2,2 % par rapport à l’année dernière sur l’ensemble du trimestre, ce qui laisse une croissance réelle d’environ 1,0 %. Même cette modeste hausse réelle s’est concentrée sur le mois de mars plutôt que de s’étaler sur l’ensemble du trimestre.
  • En janvier, la croissance nominale de l’IPC de 0,7 % est restée inférieure à l’inflation mesurée par l’IPC, qui s’est établie à 2,3 %, ce qui laisse supposer que les dépenses réelles de consommation ont diminué par rapport à l’année dernière.
  • Deux effets nominaux expliquent l’écart entre la demande globale et la demande sous-jacente. Tout d’abord, le rétablissement de la TPS/TVH implique que la valeur des transactions de janvier 2026 était majorée par la taxe en partie absente en janvier 2025, alors que le congé fiscal s’est poursuivi jusqu’à la mi-février. D’autre part, la fermeture du détroit d’Ormuz en mars a entraîné une hausse généralisée des prix de l’essence à la pompe.

La composition du marché du travail a contribué à atténuer l’impact sur la consommation de la plus forte baisse de l’emploi enregistrée depuis 2022.

  • Les 109 000 emplois perdus au total en janvier et février ont représenté la plus forte baisse sur deux mois depuis le début de l’année 2022 et ont pratiquement effacé les gains enregistrés au cours des deux trimestres précédents; l’IDC national est pourtant resté stable en février.
  • Les facteurs liés à la composition du marché du travail contribuent à expliquer cet écart. Les pertes ont principalement touché les jeunes, les travailleurs à temps partiel et les emplois faiblement rémunérés dans le secteur des services (des catégories de population ayant un revenu disponible et un pouvoir d’achat plus faibles), tandis que les revenus des travailleurs à temps plein mieux rémunérés ont été relativement épargnés.
  • Le commerce de gros et de détail a été le secteur le plus touché en février, avec 18 000 emplois supprimés, ce qui porte à 52 000 le nombre total d’emplois perdus depuis octobre. En mars, le salaire horaire moyen a augmenté de 4,7 % par rapport à l’année dernière pour atteindre 37,73 $, ce qui s’explique en partie par la part disproportionnée de travailleurs à bas salaire parmi les personnes ayant quitté leur emploi. L’emploi a connu une légère reprise en mars, avec la création de 14 000 emplois, tandis que le taux de chômage est resté stable à 6,7 %.

À propos de Signal49 Recherche :

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Profil de l'auteur :

Walter Bolduc

Économiste

Signal49 Recherche